La mauvaise réputation des agents immobiliers

Notre profession souffre indéniablement d’une réputation assez médiocre, qui détourne de nous de nombreux clients potentiels, et induit une méfiance certaine chez ceux avec qui nous travaillons malgré tout. Les raisons de cette mauvaise réputation sont connues. Contrairement à ce que l’on pense souvent, ce n’est pas la compétence des professionnels qui est en cause.

Une profession redoutée

Agent immobilier

Dans les années d’après guerre, le problème du logement était crucial, il fallait reconstruire énormément, et  il y a eu de nombreux abus de la part de personnes qui se sont improvisées promoteurs ou agents immobiliers.

Le législateur est intervenu en 1970, avec la loi Hoguet. Cette loi, qui règlemente notamment les rapports entre les agents immobiliers et ses clients, est donc une loi « de police », répressive à souhait, dont l’objet, encore inscrit dans son préambule, est de « moraliser la profession » !

Cette loi – et son décret – interdisent aux agents immobiliers de percevoir la moindre rémunération tant qu’une opération n’est pas effectivement conclue. Et la défiance envers les professionnels a installé durablement le mandat « simple » : le propriétaire peut confier son bien à plusieurs agences, et vendre également seul de son côté.

Résultat ? Chaque agence vend en moyenne un bien sur dix qui lui sont confiés. Neuf propriétaires vendeurs sont donc mécontents de l’agence, qui n’a pas vendu. Ils ne tiennent pas compte du travail fourni, des frais engagés, ni du fait qu’on a travaillé gratuitement pour eux : l’agence n’a pas vendu, elle n’a pas été efficace.

Le propriétaire pour qui l’agence a correctement accompli sa mission, a trouvé un acquéreur, l’a accompagné jusqu’à l’acte authentique, devrait, lui, être pleinement satisfait. Eh bien il ne l’est pas vraiment, car c’est lui qui paie la commission, et celle-ci est relativement élevée : elle doit en effet couvrir les frais engagés pour les autres clients, ceux pour qui on n’a pas vendu et qui ne nous ont rien payé, mais qui nous ont coûté de l’argent. Une récente étude a estimé le prix de revient d’un mandat à près de 1 000 €.

L’acquéreur aussi trouve les honoraires trop élevés. En effet, depuis 1996, nous les mettons artificiellement à sa charge, afin de lui éviter de payer des frais de notaire sur ce montant ; ce, depuis que la Cour de cassation commerciale a décidé que les honoraires ne constituaient pas une charge augmentative du prix s’ils étaient à la charge de l’acquéreur.

Or bien souvent nous avons peu travaillé pour l’acquéreur ; en tout cas par rapport au bien qu’il achète. Le gros de notre travail est effectué pour le compte du vendeur. L’acquéreur oublie qu’il ne nous a pas payé, ni à nous ni à nos confrères, le temps passé à lui faire visiter des dizaines de maisons : il ne voit que les quelques heures que nous lui avons consacré pour visiter et négocier le bien qu’il va finalement acheter, et considère que nos honoraires sont bien trop élevés par rapport au travail fourni.

Nous travaillons pour le vendeur, et faisons au final payer l’acquéreur !

Rendez-vous immobilier

Quelles solutions ?

Vendre plus de 10 % des biens qui nous sont confiés. Comment ? En travaillant le plus possible en mandat exclusif. Le terme « mandat exclusif » n’est d’ailleurs pas adapté, la profession ayant mis en place des fichiers communs : un mandat ainsi confié à de nombreux professionnels peut-il être considéré comme exclusif ? La terminologie est probablement à revoir.

C’est seulement ainsi que l’on peut faire du travail de qualité. On arrive à un taux de transformation de 80 % au lieu de 10 %, ce qui donne des moyens. La contrepartie est qu’il devient impossible de s’occuper de 40 ou 50 affaires par personne : on en a bien assez de quinze. Mais la satisfaction des clients est assurée.

Et il faut envisager un partage d’honoraires entre le vendeur et l’acquéreur, partage qui collerait au plus près de ce qui est fait pour chacun, afin que personne ne se sente floué.

Avec l’apparition des réseaux d’agents commerciaux mandataires indépendants, les agents immobiliers s’interrogent sur leur statut… Pour en savoir plus : Cliquez ici

(Sur le mandat exclusif : http://www.cimm-immobilier.fr/blog/professions-immobilieres/pour-le-mandat-exclusif-1008.html )

Devenir franchisé ou agent commercial chez Cimm immobilier ? Contact : Jean-Gabriel ORDAN, 07 76 00 16 58

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3 Commentaires

  1. Votre démonstration est claire et factuelle, néanmoins je pense que l’agent est lui aussi fautif, fautif de s’être laissé emporté par un marché qui n’avait de cesse d’augmenter, fautif de n’avoir pas apprivoisé les nouvelles technologies au service de la qualité de suivi, et enfin fautif d’avoir laissé la porte ouverte aux médiocres arrivistes cupides. Il est temps de redorer le blason de l’agent immobilier, le vrai, celui qui est passionné, impliqué, expérimenté, celui qui est capable de trouver des solutions à toutes les situations sans se défosser sur des notaires complaisants. Il est temps d’apporter de vrais services, de vrais conseils et une vraie sécurité à la transaction immobilière.
    #LPBO

  2. Félicitations pour ce post qui sort des discours habituels.
    Nous souffrons de la reproduction de clichés par les médias, les hommes politiques et dirigeants influents.
    Il faut donner la parole au vécu, au ressenti,
    Merci pour votre témoignage.

    J’ajouterais pour compléter la réflexion de Gutre que ce qui a changé c’est naturellement la technologie mais surtout le rapport aux bénéfices, à l’argent de plus en plus dur à gagner pour les uns pour les autres : le vendeur, l’acheteur, le professionnel.
    La rentabilité est incertaine, la visibilité à long terme, voire à moyen ou court terme impossible.

    Cela augmente les tensions.

    Au niveau de la gestion en copropriété il faut sortir également du cliché le méchant syndic et le bon copropriétaire, cliché qu’entretienne à tord les médias, les politiques et certaines grosses associations de copropriétaires.

    Les dysfonctionnement des administrations et les abus de droits en copropriétés sont patents (les bénéfices de ces dysfonctionnements des administrations ne vont pas qu’aux syndics !) et nous avons mis dans notre association une plateforme de 5 mesures que je vous engage à diffuser autour de vous :

    NOUS REVENDIQUONS :
    1 / Suppressions de la distribution des cartes et sous cartes de gestion immobilière par les bureaux des professions immobilières des Préfectures. Remplacement de la carte « personne morale » agence immobilière par une carte nominative de syndic.

    2 / Sanctionner les professionnels des banques complices des dirigeants des agences immobilières quand ils détournent la loi Bonnemaison en créant des comptes individualisés de syndicat en lieu et place de vrais comptes séparés de syndicats de copropriétés

    3 / Hors situations urgentes ou charges financières à récupérer, sanctionner les avocats intervenant sans mandat réel du syndicat ou des membres du conseil syndical.

    4 / Rendre possible l’accès des documents de gestion du syndicat à tous les copropriétaires et non aux seuls membres du conseil syndical, moyennant par exemple un coût par feuille ou par heure de taches et cela quelque soit le moment de l’année. En attendant une gestion en ligne et un carnet CET accessible bien rempli !

    5 / En cas de dépréciation des biens privés ou communs au syndicat constaté par un copropriétaire par la faute d’une mauvaise gestion du mandataire, gestionnaire de la copropriété trouver une procédure simplifiée, rapide et efficace de réparation des préjudices ou d’indemnisation sans passer par des procédures par avocats et mise en cause du syndicat

    Merci pour la qualité de votre blog.

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